Branding Africa
Campagne digitale (17 sept. – 17 oct. 2022) pour promouvoir le potentiel des pays africains. J’y ai présenté 10 danses traditionnelles du Bénin.

La campagne
Branding Africa est une campagne digitale dont l'objectif est de promouvoir le potentiel des pays africains, lancée du 17 septembre au 17 octobre 2022. Chaque internaute africain a été invité sur ses réseaux sociaux à découvrir et à parler de son pays ou d'autres pays africains qu'il connaît à différents niveaux. Dans cette optique, j'ai eu le plaisir de présenter 10 danses traditionnelles du Bénin.






1 — HOUNGAN
Dans le royaume du Dahomey, la danse Houngan est exécutée pour montrer la bravoure des guerriers du royaume prêts à aller combattre l'ennemi sous la direction et le regard du roi. Le HOUNGAN est un patrimoine de l'aire culturelle Adja-Tado. C'est une danse de la cour royale d'Abomey, au centre du Bénin, autrefois exécutée uniquement par les amazones. Elle se joue avec un long tam-tam, deux petits tam-tams, deux gongs, une corne de buffle et des castagnettes. Auparavant, dans les palais royaux, la revue des troupes avant tout départ pour un combat était faite par le roi. À cette occasion, les Amazones, guerrières intrépides du royaume, exécutaient, sous le regard admiratif de sa majesté, la danse HOUNGAN. Au cours de cette danse, les guerrières, machettes en main, dansent non seulement avec dextérité et opulence, mais aussi avec toute l'agressivité possible pour montrer au roi leur désir de vaincre l'ennemi et de revenir avec la victoire.
2 — OGBON
Symbole de joie, ce rythme traditionnel puise ses racines dans l'aire culturelle Adja-Tado, Yoruba Nago. À la base, OGBON est un instrument de musique qui est devenu un rythme très populaire lors de divers événements culturels au Bénin. Il est utilisé dans le culte EGOUN-GOUN, dans le culte HEVIOSSO et dans le rythme AGBE-HOUN. OGBON est un instrument de percussion qui induit la transe chez les adeptes du VODOUN HEVIOSSO. OGBON fait danser les âmes des disparus !
3 — MASSÈ (EYO GOHUN)
Inspiré par Bernardin Nougbozounkou, « Eyo Gohoun » est un rythme musical traditionnel né du rythme « Massè Aké-Houn », dont Yédénou Adjahoui Ambladji est le précurseur. Il est surtout pratiqué dans les départements de l'Ouémé et du Plateau au Bénin. Le « Massè Aké-Houn » est issu du rythme « Massè Gohoun », premier rythme utilisé lors des fêtes et des cérémonies funéraires et promu par Dossou Letriki. Il se danse pratiquement de la même manière que le « Massè Gohoun ». La différence entre les deux rythmes est que le « Massè Gohoun » utilise un tambour en bois appelé « Gohun », remplacé dans le « Massè Aké » par le tambour « Aké », instrument principal du « Massè Aké-Houn ». Tout comme le « Massè Gohoun », le « Massè Aké » impose un chanteur principal appelé « AZIZA », un chœur et le son de certains instruments tels que la grosse caisse appelée « AGBA », les castagnettes appelées « ASÔ », les tambours jumeaux appelés « HOUN-CLE », et le métronome appelé « GAN-KEKE ».
4 — TÈKÈ
Le Tèkè est une danse traditionnelle festive de l'aire culturelle Baatonu, présente dans les départements du Borgou et de l'Alibori au Bénin. Elle s'exécute par des jeunes Bariba le plus souvent lors de l'intronisation d'un roi ou pendant la fête de la Gaani. Elle est dansée dans des cérémonies de réjouissances populaires au cours desquelles les caravaniers manifestent leur joie de se retrouver après une longue période d'absence. Les guerriers aussi exécutent cette danse après une campagne triomphale. Elle est encore appelée la danse du bâton. Pour danser le Tèkè, les danseurs portent généralement un chapeau, un pantalon long et bouffant et un chasse-mouche confectionné à base de queue de mouton qu'ils tiennent dans une main. De l'autre main, ils tiennent un bâton, d'où le second nom du Tèkè. Pendant l'exécution de la danse, les jeunes gens font des mouvements des pieds et des mains tout en se déplaçant, et font s'entrechoquer les bâtons à un moment précis.
5 — TCHINGOUMÈ
Le tchinkoumey ou tchingoumé est un rythme funéraire mahi du centre du Bénin utilisé pour chasser le mauvais sort après un décès. Il est joué avec le « tohoun », une calebasse retournée sur un récipient rempli d'eau que l'on frappe avec des bâtons, le « gotta », une calebasse au son grave, et des cloches simples ou doubles qui établissent un dialogue entre elles. Les origines du Tchingoumé remontent à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle. Ce rythme funéraire, inspiré du Zinli, aurait été créé par Adisso, un esclave affranchi à la cour royale d'Abomey, à son retour à Savalou. Afin de créer une musique aux sonorités distinctes du Zinli, Adisso a ajouté sa touche personnelle avec de nouveaux instruments selon les ressources locales : le Gota (calebasse vidée), deux Gankeke, une paire de maracas, et deux calebasses renversées dans des récipients d'eau. Le tchingoumé sera popularisé 200 ans plus tard, dans les années 1970, par l'artiste ALOKPON. L'ajout d'un nouveau son avec la flûte kpete (flûte à 3 trous, taillée dans du bois de roseau) donne un nouvel élan au Tchinkoumé. Ce rythme traditionnel est devenu populaire dans tout le Bénin dans les années 1970.
6 — AKOTO ZINLI
Akoto Zinli est un rythme traditionnel connu dans le sud du Bénin et plus particulièrement dans le département de l'Ouémé. Né dans la richesse de la deuxième plus grande vallée d'Afrique, ce rythme est pratiqué lors des cérémonies funéraires. Le Zinli (une jarre à laquelle est associé un tambour) est un élément important de ce rythme. Il donne le ton de base et, comme il est sacré, il nécessite une consultation et un sacrifice avant sa libération pour honorer un décès. Il est placé à l'extérieur de la concession, sa tête orientée vers l'avant. Nul n'est autorisé à regarder à l'intérieur, sauf un initié. Aujourd'hui, ce rythme existe toujours dans le département de l'Ouémé et a été réhabilité par Anice Pépé (artiste, compositeur, chanteur, percussionniste, Disque d'Or de la musique traditionnelle béninoise depuis 2010). Il remplace le zinli en argile par un tambour ; cette nouvelle forme est désormais jouée partout lors des cérémonies festives. Les instruments qui composent ce rythme sont : le Zinli, le grand et le petit Kpézin, le Gankéké, l'Assanyan et les grands gons jumeaux.
7 — BLÉKÉTÉ
Les danses traditionnelles du Bénin sont aussi nombreuses et variées qu'il y a de régions et d'ethnies. Le blékété est un rythme très courant dans le sud-ouest du Bénin, dans les départements du Mono et du Couffo. C'est également un rythme courant dans certaines régions du Togo. Il est exécuté dans le culte Thron lors de diverses cérémonies et rituels. Certains instruments sont fondamentaux pour créer une harmonie entre les paroles des chansons, les tambours et les mouvements de danse, notamment : Cléoun, Ézinhoun Kpéssin, Ôhoungbo et le Gankéké.
8 — ZINLI
L'histoire du ZINLI remonte à l'époque des Rois du royaume de Danhomey. Le Prince Gbéyin, roi du Danhomey, encore connu sous le nom de GLÈLÈ (1858-1889), aurait créé le ZINLI au XIXe siècle à l'occasion des funérailles d'un ami de son père (roi GUEZO, 1818-1858). Rythme funéraire sur le plateau d'Abomey, le ZINLI a longtemps gardé cette première réputation avant d'entrer dans la musique populaire. Le Zinli se joue avec un tambour vase qui a donné son nom au rythme, accompagné de gongs, de hochets et de claquements de mains soutenus par des chants et des danses. Au début, il s'agissait de deux calebasses d'eau et d'une cruche appelée « Lissouzin ». La rénovation que l'artiste ALEKPEHANHOU a orchestrée à partir des années 1980 l'a fait rayonner aux quatre coins du monde. Grâce à son œuvre de rénovation, le roi de Zinli est devenu la coqueluche de nombreux festivals européens.
9 — AGBADJA
Agbadja est une danse traditionnelle que l'on retrouve au sud-ouest du Bénin (départements du Mono et du Couffo), au sud du Togo (région maritime) et au Ghana. Avant de se pérenniser au Bénin, elle est d'abord l'œuvre du peuple Ewe, principalement des pêcheurs ghanéens qui l'exécutent après une journée de travail. En réalité, la danse Agbadja est issue de l'atrikpui, danse de guerre que les populations de la région de la Volta exécutaient pour encourager leurs guerriers ou les accueillir triomphalement. Les périodes de guerre terminées, l'atrikpui laisse sa place à l'Agbadja et à d'autres danses plus gaies. C'est une danse d'abord lente et légère, puis énergique, voire brutale, impliquant de forts mouvements d'épaules. Le danseur est en dooplé (genoux pliés), les bras partiellement repliés sur la poitrine. Il exécute une série de mouvements en commençant par les épaules et les omoplates. Toujours en dooplé, ses pieds battent le sol à tour de rôle. Elle est dansée surtout lors des fêtes populaires, mais aussi lors d'événements moins joyeux comme les funérailles. Pour danser l'Agbadja, les hommes (notamment à Grand-Popo) portent un pagne jusqu'aux hanches, un t-shirt et une serviette autour du cou. Pour les femmes, un pagne à la hanche et un autre fermement attaché à la poitrine. Au Bénin, cette danse a été popularisée par des artistes comme Gbessi Zolawadji et Gnonnas Pedro.
10 — SINSINNOU
Il s'agit d'une danse rituelle chez les Baatonu, exécutée par les jeunes en âge de se marier. Ils portent un petit chapeau rouge sur lequel ils passent un turban en tissu qui fait le tour du chapeau. Ils portent également un petit pagne au niveau des hanches qui descend jusqu'au genou, ainsi que des grelots aux chevilles. À l'origine, les danseurs se regardaient dans les reflets des rochers pour apprécier leurs vêtements. Depuis l'introduction du miroir, une jeune fille tient un miroir et fait de petits pas en arrière pendant que les jeunes danseurs dansent en avant. Le Sinsinnou se danse en marchant sur la pointe des pieds, le corps légèrement courbé. Un petit tambour introduit la danse, puis un grand tambour prend le relais et enfin le son d'une flûte harmonise le rythme. Les danseurs martèlent le sol de leurs pas, faisant résonner les boulettes accrochées à leurs pieds. Le son qui émane des graines « Chin-Chin » justifie le nom Sin-Sin-Nou donné à la danse. Le Guuru est le principal instrument de musique utilisé pour ce rythme. Les compagnies de ballet détentrices de ce patrimoine culturel font des créations chorégraphiques de cette danse et de ce costume tout en gardant les principes de base.
Production
Production : Orphée & Pepino GEORGAH A. En savoir plus : https://bit.ly/10DansesTradiBenin










